Depuis plus de 30 ans, la République Démocratique du Congo vit une tragédie humaine d’une ampleur indescriptible.
Des millions de morts.
Des territoires occupés.
Des déplacements massifs de populations.
Des tensions communautaires permanentes.
Une instabilité chronique dans l’Est du pays.
Mais une question fondamentale demeure rarement abordée avec lucidité :
👉 Et si le problème migratoire non résolu était l’une des racines structurelles du conflit ?
L’histoire politique du Congo nous oblige à regarder cette réalité en face.
En 1972, sous le régime du Président Mobutu, l’Ordonnance-Loi n°72-002 relative à la nationalité zaïroise avait profondément modifié l’équilibre politique et identitaire du pays en accordant collectivement la nationalité à certaines populations originaires des pays voisins établies au Congo.
Quelques années plus tard, cette décision fut remise en cause par la Loi n°81-002 du 29 juin 1981 sur la nationalité zaïroise, qui réintroduisit une autre lecture historique de l’appartenance nationale, en faisant référence aux groupes ethniques présents sur le territoire au moment de l’indépendance.
Depuis lors, la question de la nationalité, de l’immigration, des frontières et de l’identité politique n’a jamais été véritablement réglée.
Nous avons préféré éviter le débat.
Repousser le problème.
Politiser les émotions.
Militariser les tensions.
Signer des accords temporaires.
Mais jamais construire une architecture nationale durable de gestion migratoire.
Et pourtant…
Toutes les grandes crises récentes de la RDC ont, directement ou indirectement, croisé cette question :
- les guerres de l’AFDL ;
- les rébellions successives dans l’Est ;
- les tensions autour des terres et des identités ;
- les débats constitutionnels ;
- les contestations communautaires ;
- et même le dossier explosif de Minembwe.
Le cas de Minembwe est particulièrement révélateur.
Le Décret n°13/029 du 13 juin 2013 portant création de nouvelles villes et communes avait ouvert la voie à l’érection controversée de Minembwe en commune rurale.
En octobre 2020, le Président Félix Tshisekedi déclara publiquement :
« J’ai décidé d’annuler ce qui a été fait jusqu’ici pour Minembwe. »
Cette déclaration présidentielle avait momentanément apaisé une partie de l’opinion nationale.
Mais jusqu’à ce jour, beaucoup de Congolais constatent qu’aucun acte réglementaire clair et définitif n’est venu harmoniser juridiquement cette décision politique.
Et c’est là que se trouve le danger.
Un État ne peut pas fonctionner durablement sur des ambiguïtés administratives dans des zones aussi sensibles géopolitiquement.
La paix durable exige :
✔️ des frontières administratives claires ;
✔️ une politique migratoire moderne ;
✔️ un système d’identification crédible ;
✔️ une clarification juridique de la nationalité ;
✔️ et une administration territoriale incontestable.
C’est pourquoi je continue de croire que la RDC doit créer un véritable :
🇨🇩 Ministère de l’Immigration et des Affaires Migratoires.
Pas un simple service rattaché au Ministère de l’Intérieur.
Pas une direction secondaire.
Mais une institution stratégique nationale.
Pourquoi ?
Parce que la question migratoire en RDC n’est pas un simple dossier administratif.
C’est :
- une question de sécurité nationale ;
- une question de souveraineté ;
- une question géopolitique ;
- une question démographique ;
- une question économique ;
- et une question de paix régionale.
Notre pays doit enfin :
✔️ cartographier légalement les mouvements migratoires ;
✔️ moderniser son système de résidence ;
✔️ clarifier les statuts administratifs ;
✔️ sécuriser les frontières ;
✔️ protéger les droits des citoyens ;
✔️ et éviter que les ambiguïtés juridiques deviennent des carburants de guerre.
Aucun grand pays moderne ne laisse les questions migratoires sans architecture institutionnelle forte.
Le Canada.
Les États-Unis.
La France.
Le Royaume-Uni.
Tous disposent d’institutions spécialisées capables de gérer :
- immigration ;
- citoyenneté ;
- résidence ;
- réfugiés ;
- intégration ;
- sécurité frontalière ;
- et identité nationale.
Pourquoi pas la RDC ?
Notre génération ne peut pas transmettre ce problème non résolu aux générations futures.
Nous devons avoir le courage :
non pas de diviser le Congo,
mais de clarifier le Congo.
Non pas de nourrir la haine,
mais de construire un État fort.
Non pas de politiser les identités,
mais d’institutionnaliser la paix.
Car au final, la stabilité de la RDC dépendra d’un principe simple :
Une seule République.
Une seule armée.
Une seule police.
Une seule autorité territoriale.
Une seule politique migratoire nationale.
le temps est venu de transformer enfin un problème historique en solution institutionnelle durable.
✍️
Augustin Kazadi-Cilumbayi
Président Directeur Général / Chief Executive Officer
Eyano Publishing
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